Aller au contenu

Réseaux sociaux : fonctionnement, données personnelles et responsabilités

Années de création de quelques réseaux sociaux

Année Réseau social Format
1997-2001 SixDegrees Premier réseau social
2003 LinkedIn Réseau professionnel
2004 Facebook Réseau social grand public
2005 YouTube Partage de vidéos
2006 Twitter (X) Messages courts
2010 Instagram Photos puis vidéos
2011 Snapchat Messages éphémères
2016 TikTok Vidéos courtes

Réseaux sociaux et données personnelles : quels droits ?

RGPD

En Europe, le RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) protège les utilisateurs.

Le RGPD prévoit les droits suivants aux personnes concernées, c’est-à-dire aux individus dont les données sont traitées :

  • Droit d’être informé
  • Droit d’accès
  • Droit de rectification
  • Droit à l’effacement (droit à l’oubli)
  • Droit à la limitation du traitement
  • Droit à la portabilité des données
  • Droit d’opposition
  • Droit de ne pas faire l’objet d’une décision fondée uniquement sur un traitement automatisé

En particulier pour les réseaux sociaux cela veut dire que vous avez le droit de :

  • demander à ce qu'on efface toute information sur vous (droit à l'oubli)
  • demander à télécharger les données que le réseau social possède sur vous : allez voir sur le site de la CNIL comment faire pour les grandes plateformes
  • demander vos données sous un format utilisable pour les transférer sur un autre site, par exemple vos playlist depuis un site de musique vers un autre (droit à la portabilité)

Questions: Vous pouvez voir plus de détails sur chaque droit sur ce site de l'Union Européenne. Qu'est-ce que le droit d'opposition ? Dans quel cas un organisme peut-il vous refuser ce droit ?

Législation sur le harcèlement

Article 222-33-2-2 du Code Pénal

Le fait de harceler une personne par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende lorsque ces faits ont causé une incapacité totale de travail inférieure ou égale à huit jours ou n'ont entraîné aucune incapacité de travail.

L'infraction est également constituée :

a) Lorsque ces propos ou comportements sont imposés à une même victime par plusieurs personnes, de manière concertée ou à l'instigation de l'une d'elles, alors même que chacune de ces personnes n'a pas agi de façon répétée ;

b) Lorsque ces propos ou comportements sont imposés à une même victime, successivement, par plusieurs personnes qui, même en l'absence de concertation, savent que ces propos ou comportements caractérisent une répétition.

Circonstances aggravantes

Les faits mentionnés aux premier à quatrième alinéas sont punis de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende :

1° Lorsqu'ils ont causé une incapacité totale de travail supérieure à huit jours ;

2° Lorsqu'ils ont été commis sur un mineur ;

3° Lorsqu'ils ont été commis sur une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, est apparente ou connue de leur auteur ;

4° Lorsqu'ils ont été commis par l'utilisation d'un service de communication au public en ligne ou par le biais d'un support numérique ou électronique ;

4° bis Lorsqu'ils ont été commis sur le titulaire d'un mandat électif ;

5° Lorsqu'un mineur était présent et y a assisté.

Les faits mentionnés aux premier à quatrième alinéas sont punis de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende lorsqu'ils sont commis dans deux des circonstances mentionnées aux 1° à 5°.

Question: Essayez de résumer :

  • Qu'est-ce qui caractérise le harcèlement ?
  • Qu'est-ce que ça change qu'il soit commis sur internet ?

Exemples : Pour chaque situation, expliquer s'il s'agit de harcèlement ou pas en justifiant. Si non, dire s'il s'agit d'une situation à risque ou illégale pour une autre raison :

  1. Un élève reçoit une moquerie sur sa tenue dans une discussion de groupe.
  2. Pendant plusieurs semaines, des élèves publient régulièrement des messages humiliants sur un camarade.
  3. Une photo gênante est partagée sans accord de la personne concernée.
  4. Deux amis se disputent une fois par messages.
  5. Plusieurs comptes anonymes insultent régulièrement une personne.

Fausses informations sur les plate-formes de partage de contenu

Lire les documents, puis répondre de manière argumentée aux questions suivantes :

  1. Quel est l'intérêt des plateformes à favoriser le contenu qui provoque de l'engagement ?

  2. Quelles responsabilité ont ces plateformes dans la propagation de fausses informations ?

Document 1

Extrait d’une intervention de Benjamin Bayart, lors d’un débat dans l’émission « La méthode scientifique », France Culture, 22/02/2019.

Mentir pour manipuler l’opinion, c’est quelque chose de relativement courant. Ça, c’est de la responsabilité du menteur. En revanche, ce que fait Facebook, c’est hiérarchiser l’information, et mettre en avant certaines informations plus que d’autres. Et en particulier, c’est mettre en avant les articles les plus « attrape-clic » parce que ce sont ceux qui entraînent le plus d’engagement, c’est-à-dire qui vous énervent parce qu’ils disent des choses fausses, ou qui vous énervent parce qu’ils disent des choses extrêmement outrageantes, et ça, ça provoque de l’engagement, et pour la consommation publicitaire, c’est très bon. Donc les mécanismes de classement mettent ça en avant de manière très spontanée. Et ça, ça c’est pas la responsabilité du menteur qui a menti au départ, c’est la responsabilité de Facebook, qui fait le classement.

Document 2

Alerte aux fake news !, Marie Guichoux, L’Obs n° 2827, 10/01/2019.

Le web 2.0, imaginé comme une vaste agora collaborative, a produit in fine de l’entre-soi. Nous échangeons au sein de « bulles » grâce à une personnalisation mise en place à notre insu. C’est l’œuvre des algorithmes. Guillaume Chaslot, fondateur d’AlgoTransparency et ex-salarié de YouTube, a révélé le pot aux roses sur le système de recommandations des vidéos du mastodonte. « Je me suis rendu compte que les algorithmes qu’on produisait enfermaient les utilisateurs dans des "bulles filtrantes" », a-t-il raconté. Il avait proposé de donner plus de contrôle à l’utilisateur « afin qu’il ne se fasse pas entraîner de manière passive dans des groupes de vidéos juteuses pour YouTube, comme celles des théories du complot ». Aucun responsable de la firme n’a poussé le projet. Et pour cause : ces correctifs risquaient de réduire le temps de visionnage, un sérieux manque à gagner. Conclusion de Chaslot : « Le cœur du problème, ce ne sont pas les fake news, mais le fait que celles-ci soient recommandées automatiquement. Si les gens voyaient à quel point l’algorithme amplifie les théories racistes ou fascistes, qui font le plus réagir et maximisent le temps de vue, ils inciteraient YouTube et Facebook à agir. »